Activités économiques

L’activité économique de la Sous-préfecture de Tafiré repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage.

1- Activités Agricoles

  • La population agricole
    Sur une population active estimée à 13.821 hbts (pop. -16-60- RGPH-98), 50,63% de cette population, soit 14.210 habitants, sont occupés par  les activités agricoles et  31,59%  se trouvent dans les autres secteurs d’activités (secondaire, tertiaire public et privé), dont  9,49% et 6,4% représentent respectivement les commerçants, les vendeurs et le tertiaire public.
  • Les cultures pratiquées
    Les aptitudes culturales du secteur, la qualité des sols, le paysage végétal de savane arborée et le climat ont favorisé la culture  de la canne à sucre, du coton, du riz, du sorgho, du maïs, de l’arachide, de l’igname, de la patate, du manioc et du mil.

En outre, on y pratique les cultures maraîchères et on y trouve des fruits (mangues, goyaves, oranges, anacarde) et des légumes.

a) Cultures industrielles

  • La canne à sucre
    La culture de la canne à sucre est pratiquée par la société dénommée Sucrerie Africaine de Cote D’Ivoire, en abrégé SUCAF-CI, qui a racheté l’ex SODESUCRE, Société d’Etat, exploitant un complexe agro-industriel d’environ 5.600 ha.  
    A côté de  la canne industrielle, il existe des plantations de canne villageoise.
    Certains fils et filles de la circonscription y ont acquis un emploi permanent ou saisonnier.
  • Le coton
    Le coton n’est pas suffisamment cultivé dans la circonscription, malgré les efforts des encadreurs de la Compagnie Ivoirienne pour le Développement des Textiles (CIDT), société chargée de l’encadrement des paysans.
    Selon les responsables locaux de cette structure d’encadrement, les paysans de la Sous-préfecture de Tafiré ne s’intéressent pas à la culture du coton qu’ils trouvent difficile et peu rentable, contrairement aux paysans des autres Sous-préfectures comme celles de la région de Korhogo.
    La culture du coton se heurte à trop de réticences de la part de la population. Les paysans qui pratiquent cette culture sont pour la plupart des populations allochtones venues de la région de Korhogo.
  • L’encadrement
    La culture du coton dans la Sous-préfecture de Tafiré, comme partout dans le Centre -Nord, bénéficie de l’encadrement de la Campagne Ivoirienne pour le Développement des Textiles (CIDT). Ses actions sont très positives, même si la population est réticente.
    La CIDT de Tafiré disposant d’un personnel d’encadrement insuffisant devra mettre en place une politique de sensibilisation accrue de la population, afin qu’elle s’intéresse à la culture du coton.
    Dans ce sens, la réalisation de projets de culture de riz sur le même site que la culture du coton peut être la solution.
  • La commercialisation
    La totalité de la production de coton est achetée par la CIDT. Il est important de noter qu’à côté des cultures industrielles précitées, il y a la noix de cajou ou anacarde et les cultures fruitières constituées de manguiers greffés ou améliorés, d’orangers et de goyaviers auxquelles il convient d’ajouter les produits de cueillette dont la commercialisation n’est pas organisée. Il s’agit des noix de karité et du néré qui procurent assez de revenus aux paysans, surtout pendant les mois de mars, avril et mai de chaque année.

b) Cultures vivrières et maraichères
Les cultures vivrières représentent l’activité agricole la plus présente dans la Sous-préfecture. On y retrouve essentiellement l’igname, le riz, le maïs, l’arachide, le sorgho, la patate douce, le manioc et le mil qui sont cultivées de façon traditionnelle en jachère. En ce qui concerne l’igname, la Sous-préfecture de Tafiré se trouve être un des gros producteurs de la région Centre Nord.
Outre l’igname, le riz et le maïs connaissent un réel essor. Cependant, la culture du riz est confrontée à certains problèmes liés à l’absence de barrage ou de retenue d’eau.
Outre ces cultures vivrières, des cultures maraîchères sont pratiquées. Il s’agit des oignons bulbes, de la tomate, des aubergines et du piment. Toutes ces cultures sont destinées en partie à la consommation locale. La production restante est commercialisée, mais suivant un circuit de commercialisation inadéquat.
Cependant, en ce qui concerne le riz, des mini décortiqueuses installées par des privés ont pour fonction de blanchir le riz paddy de la Sous-préfecture, acheté par ces privés aux paysans et de la vendre directement au commerce. Ces mini-décortiqueuses soulagent les paysans qui ont du mal à commercialiser le reste de leur production de riz paddy.
Il existe aussi un marché promoteur pour l’oignon bulbe.
Outre ces deux produits, les difficultés de commercialisation des autres vivriers et maraîchers demeurent.

  • Agriculture
  • Exploitation de la savane boisée

Le domaine de savane est souvent en concurrence avec les zones de terres agricoles. Ce sont ces dernières qui le plus souvent dominent, car l’on se trouve dans une zone où au moins 50 % de la population active travaille la terre. La savane boisée disparaît alors sous l’effet des défrichements dus aux cultures vivrières et aux plantations de coton.

2- Elevage
L’élevage fait partie des activités du secteur primaire de la Sous-préfecture et représente également un élément fort de l’économie de Tafiré. Il connaît un développement certain et est orienté vers l’élevage des bovins, de porcins et de volailles. Toutefois, chaque famille élève au moins des pintades et des poulets.
Il faut noter qu’en 1977, la Sous-préfecture comptait trois (03) parcs de bovins.
Ces parcs sont passés à cinquante-cinq (55) en 1993 pour 5.629 têtes de bovins.
Aujourd’hui, ces parcs peuvent être à plus d’une centaine pour environ dix mille (10.000) têtes de bétail.
Cette évolution du parc montre l’importance qu’accordent les paysans à l’élevage, en particulier de bovins.
Ces troupeaux sédentaires étaient encadrés avant l’avènement de la crise militaro-politique de septembre 2002, entièrement par la Société pour le Développement de la Production Animale (SODEPRA).
Outre ces éleveurs sédentaires (la population locale), la Sous-préfecture enregistre des éleveurs semi-sédentaires (les peuhls venus des pays voisins avec leurs troupeaux) qui disposent de près de  6.325 têtes de bovins.
Ce qui fait dans l’ensemble de la Sous-préfecture, 16.325 têtes de bovins à ce jour.
Il est à noter que l’encadrement de ces troupeaux semi-sédentaires étaient également assuré de façon informelle par la SODEPRA.
L’élevage d’ovins et de porcins est aussi présent dans la Sous-préfecture sous les deux aspects : traditionnel et moderne. Mais, moins développé que celui des bovins.
Quant à l’élevage de la volaille, outre l’élevage traditionnel qui est courant, c’est-à-dire au niveau familial, il n’y a plus de parcs modernes à volailles dans la circonscription du fait de la guerre.
La SODEPRA avec ses quelques agents, assurait au niveau de ces éleveurs une assistance technique et leur fournissaient du matériel.
Ses actions étaient très positives et importantes en faveur du dynamisme de l’élevage.
Cette activité rentable pour certaines, pose problème à d’autres.

En effet, les troupeaux de bovins en déplacement pour le pâturage causent des dégâts aux plantations ou cultures des agriculteurs.
Cette situation entraîne des conflits permanents qui se règlent rapidement grâce à la vigilance de l’administration en place.

3- Industrie
Une des faiblesses de Tafiré est l’absence des activités de type industriel.
A part l’usine du complexe sucrier situé à environ 30 Kms de la ville, la Sous-préfecture ne dispose pas d’industrie. Il ne peut en être autrement avec la proximité de Ferkessédougou, Katiola et Bouaké.
Ainsi, aucune activité de transformation n’est présente dans la ville, hormis les moulins ou mini décortiqueuses.
Mais, il serait souhaitable que la ville dispose d’une petite zone réservée à l’implantation de l’artisanat et d’éventuelles Petites Moyennes Entreprises (PMI).

4- Commerce
Le commerce est peu développé à Tafiré. Il est plus orienté vers les activités du marché urbain situé au quartier Dioulabougou.
Celui-ci est le seul de la ville et à une influence sur toute la Sous-préfecture.
Il se tient quotidiennement, mais est très peu actif. Il n’est approvisionné en grande partie que le dimanche, jour de marché où la plupart des villages de la Sous-préfecture, ainsi que quelques-uns des Sous-préfectures environnantes qui viennent pour vendre et acheter.
Le marché s’étend sur une superficie de 6.500 m2 et est constitué d’un seul hangar avec une plateforme en béton très dégradé et d’un espace central en terre qui accueille de nombreux étals en bois avec abris sommairement aménagé.
Certaines marchandises sont même disposées à même le sol. Le nombre de vendeurs permanents est estimé à environ 500. Aux alentours de ce marché, il a été recensé environ des boutiques, toutes dans un bon état.
Pour jouer efficacement son rôle de marché sous-préfectoral, celui-ci devra être réaménagé en réalisant la réfection du hangar existant et la construction d’autres hangars afin d’éviter la vente à même le sol et l’exposition des marchandises sous des abris défectueux et au soleil. Par ailleurs, la partie réservée à boucherie devra être aménagée pour des raisons d’hygiène.

5- Artisanat

Comme dans la plupart des villes de Côte d’Ivoire, Tafiré connaît un artisanat de service quotidien, d’entretien et de réparations diverses qui est à la disposition de la population urbaine.
Cet artisanat reste rudimentaire et peu structuré. On retrouve des :
Couturiers, Cordonniers, Forgerons, Potiers, Mécaniciens, Maçons, Peintres, Coiffeurs, Menuisiers, Electriciens, Réparateurs auto, etc.
Les Services Techniques devront dresser un plan d’occupation du sol axé sur les activités économiques, qui permettra au service financier de procéder à un recensement afin de connaître le nombre exact des artisans. Le service devra disposer d’un plan de localisation des activités de commerce. Cette connaissance du nombre des artisans aura pour intérêt l’amélioration des recettes communales propres.

6- Produits Commercialises
Le marché de Tafiré regroupe en premier lieu, une large gamme de produits issus de la production locale.

  • Des produits vivriers : ignames, riz, mais, arachides, mil, sorgho, légumes et condiments divers.
  • Des produits de cueillette : mangues, citron, anacarde.

A ces produits alimentaires se mêlent des produits manufacturés : pagnes, tissus, articles ménagers, friperies, chaussures et aussi des produits artisanaux locaux ou importés. Le nombre de vendeurs est estimé à près de 500. Le marché constitue la première source de recettes propres de la Commune.
En effet, les droits de marché ont représenté 68 %, 38 %, et 44 % des recettes propres des trois dernières années avant la crise.
Outre les activités commerciales qui se déroulent sur l’aire du marché, le commerce moderne de détail est présent et assuré à Tafiré par une série de boutiques de toutes tailles (petites et grandes). Ce sont des boutiques africaines, véritables bazars, installées dans des bâtiments en dur ou en bois, qui proposent des produits de consommation courante.
Ces boutiques sont localisées pour la plupart dans la zone du marché.
Hormis ces boutiques, on retrouve sur l’espace urbain des laboratoires photo, des kiosques etc.…
Les patentes, les licences et les taxes forfaitaires des petits commerçants et artisans que paient ces commerces constituent la deuxième source de recettes propres de la Commune. Les trois dernières années avant la crise, elles ont représenté respectivement 18 %, 25 %, et 29 % des recettes propres.
Somme toute, l’aire d’influence commerciale de la ville de Tafiré semble être réduite et ne se limite qu’à sa seule Sous-préfecture. L’essentiel des achats non quotidiens sont effectués à Ferkessédougou, Katiola et Bouaké.

Cependant, la ville étant située sur l’axe routier international, elle constitue un point d’arrêt des voyageurs et des conducteurs de camions de marchandises à destination du Burkina Faso, Mali et Niger. Ceux-ci achètent pour la plupart les produits vivriers (surtout l’igname) que leur proposent les commerçants de la ville. De sorte qu’un commerce d’igname s’est développé autour de la gare où les commerçantes restent très tard la nuit.

Autour de la gare ferroviaire de la SITARAIL, un tel commerce est en train de se développer même si le trafic n’est pas aussi  intense. Malheureusement, avec le passage de deux (02) trains par jour, avec seulement deux(02) minutes d’arrêt (dans les deux sens : Abidjan et Ouagadougou), cette gare n’est pas très active, ce qui entraîne un commerce non permanent et peu actif.

7- Transport

  • Le transport de marchandises
    Il s’agit d’une part du transport des produits vivriers, maraîchers et fruitiers (oignons, mangues, etc.) par des véhicules de poids moyen (2,5 Tonnes ; 5 Tonnes ; 10 Tonnes).
    D’autre part, le transport des bovins à destination d’Abidjan. Il est assuré par des véhicules de 10 Tonnes. Ces camions chargent pour la plupart dans les autres villes et transitent par Tafiré. Les transports à Tafiré sont assurés par des véhicules de type  KIA MOTORS et DYNA qui relient la ville aux autres agglomérations de la Côte d’Ivoire à partir de la gare routière située au centre-ville, au bord de l’axe routier international et jouxtant le marché.
  • Le transport de personnes
    La gare routière de Tafiré, dessert trois(03) directions principales avec un parc automobile d’au moins dix (10) véhicules :
    – Tafiré-Bouaké ;
    – Tafiré-Katiola via Niakara ;
    – Tafiré-Korhogo via Ferké.
    Mais, la liaison de Tafiré aux autres villes de la Côte d’Ivoire est assurée par des cars de passage provenant, soit du Sud, soit du Nord. Ces cars marquent des arrêts à la gare routière de Tafiré pour prendre des passagers lorsqu’il y a des places disponibles. Cette gare routière est constituée d’un abri voyageur de 20m² environ d’une plate-forme de 240m² bitumée.
    La plupart des camions de marchandises et de voyageurs y marquent des arrêts.
    Cependant, les droits de stationnement institués par la mairie ne sont pas payés par ces automobilistes.
    Outre le transport de personnes qui se déroule à partir de la gare routière, la gare ferroviaire de Tafiré de la SITARAIL assure le transport de personnes. Mais celle-ci est moins active. La gare enregistre le passage de deux trains par jour, l’un en provenance du Nord (Burkina Faso) et l’autre du Sud (Abidjan).