Sociologie

  1. L’importance du mariage

Le mariage en pays Tagbana est une institution très sacrée comme dans la plupart des coutumes traditionnelles africaines.
La particularité ici est qu’il n’y a pas de divorce si un mariage est célébré selon les rites traditionnels, de sorte qu’une femme mariée selon la coutume purement Tagbana appartient jusqu’à la mort, à son mari ou à la famille de ce dernier, même si les époux avaient été définitivement séparés par quelque cause ou raison que ce soit : le corps de  la femme défunte revenant à celui qui a été son premier « mari ».

 

  1. Le village

Chaque village constitue le point d’encrage des populations autochtones qui lui vouent un attachement  sacré. Aussi se distinguent-elles par leurs villages respectifs au cours des manifestations ou cérémonies publiques ou privées.
Chaque village est dirigé par un chef de village et des  notables.

  1. Le canton

Même si officiellement l’institution cantonale est supprimée dans l’organisation de l’Administration territoriale  en COTE D’IVOIRE, il existe un canton, celui de Tafiré dont  le chef actuel se nomme KONE SANGA ou Sanga Pi Koné.

 

  1. La chefferie traditionnelle

Théoriquement la chefferie traditionnelle est chapeautée par un chef de canton auquel sont subordonnés les chefs de village et quartier. Mais, l’autorité du chef de canton s’est affaiblie au fur et à mesure de l’évolution administrative du pays.
Ainsi, en pratique chaque village est devenu de plus en plus autonome avec à sa tête un chef de village. Ce dernier est désigné selon la coutume locale Tagbana.
Quant à son successeur, il le désigne parmi ses neveux du coté de ses sœurs.

Si l’élu est encore mineur, un des frères du défunt chef ou tout autre sage du village appartenant à la famille régnante peut assurer la régence. A côté de ceux-ci, il y a  de nombreux chefs de terres.

 

  1. Les us et coutumes

a) Le système des interdits
Les interdits sont fonction de l’appartenance à une famille ou une caste. Par exemple, les forgerons locaux ont pour totems le buffle et le lapin ou le lièvre.

a) Le système d’éducation
Le système d’éducation repose sur les rites initiatiques communément appelés « poro » ou  « loh ».

 

  1. Le droit coutumier sur les terres

a) Le droit coutumier
Le droit coutumier sur les terres est très marqué dans la circonscription par la présence de chefs de terres qui exercent un quasi-monopole dans leur distribution, occupation ou exploitation.

A chaque type d’occupation ou d’exploitation correspond un rite d’adoration qui ne peut être exécuté que par le propriétaire coutumier et personne d’autre.

b) Le mode d’accès à la terre
Selon la coutume locale, la terre est sacrée et appartient au clan ou à la famille ; elle ne peut faire l’objet de vente, mais peut être cédée à un tiers pour cultiver même pendant un temps suffisamment très long.

Aujourd’hui avec l’avènement du droit moderne, le tiraillement est permanent pour les chefs de terres qui hésitent à céder définitivement les leurs de peur d’attirer la colère des aïeuls sur eux.